Bibliographie
Trente-cinq années d'ouvrages, du premier livre paru en 1990 aux « Gens de vignes » en 2025.
Le Carreau de Soumont
Éditions MarvalBaie du Mont Saint-Michel
Éditions Marval
Havres Grèves et Mielles
Éditions Images en Manœuvres
Dans l'Intimité de Victor Hugo à Hauteville House
Paris Musées éditions
Lumières d'Ombre
Éditions Images en Manœuvres
Bessin
Éditions Images en Manœuvres
Saint-Aubin-sur-Mer
Passages et venelles
Le Secret du Pays d'Ouche
Éditions Nazraeli — USA
Regard photographique sur Trouville
Éditions Cahiers du Temps
Le pont tournant de Dieppe
Éditions Cahiers du Temps
Lumière Blanche — Cannes
Éditions Images en Manœuvres
La côte des Isles
Éditions Cahiers du Temps
Juno Beach
Éditions Cahiers du Temps
Le Havre
Éditions les Cahiers du Temps
Musée des Instruments à Vent
Éditions Cahiers du Temps
Stations Ferroviaires de la Côte Fleurie
Éditions Cahiers du TempsPréface — Natures Silencieuses
Une méditation mélancolique
Olivier Mériel n'est pas de ces photographes qui courent le monde à la recherche de sujets spectaculaires. Ceux qui l'intéressent, il les trouve en parcourant sa région ou les régions avoisinantes. Sujets des plus simples : ce sont les intérieurs de demeures abandonnées, de monastères inhabités, d'ateliers aux machines depuis longtemps silencieuses. Nul ne vient plus troubler le lourd silence qui les a envahis. Poussière, toiles d'araignées, déréliction... Les ustensiles, les meubles, les machines ne servent plus à rien, et lentement, ils seront attaqués, disloqués, détruits par l'inlassable travail d'une puissance invisible : le temps. On sait que rien ne lui résiste. Il ronge, il délite, il fissure, il démantèle... Les plus hautes et plus solides murailles, il les abat. Les forteresses les plus inexpugnables, il en fait des ruines. Il est cette force d'usure et de mort à quoi tout est soumis.
Dans cet ouvrage, c'est à une méditation sur le temps et la mort qu'Olivier Mériel nous convie. Nous tous, êtres humains, sommes saisis d'angoisse lorsque nous songeons à notre condition. Impossible d'arrêter le temps. Impossible d'écarter la mort. Pour échapper à notre angoisse, nous préférons nous fuir, nous égarer et nous perdre dans ce monde environnant qui offre tant d'attraits. Olivier Mériel nous rappelle qu'il est vain de se fuir. Que c'est en affrontant notre angoisse, en consentant à la mort, que nous nous intégrerons plus intimement à la vie.
Ils dorment sans doute en terre ceux qui ont abandonné ces demeures. Greniers, enfilades de salles vides, portes battantes... Les hommes et les femmes qui ont travaillé là, qui étaient-ils ? Qu'ont-ils laissé derrière eux ? Quelles traces dans les mémoires ? Et dans ce lit rustique aux bois encore intacts, quelles nuits d'amour, quelles naissances, quels décès ?
Au Mont-SaintMichel, ils devaient être nombreux ces moines à prendre leurs repas dans ce vaste réfectoire aux tables démesurément longues. Au cours des siècles, d'importantes communautés se sont succédé là. Comment ces moines ont-ils vécu leur volontaire réclusion ? Que se passait-il dans les têtes quand la foi s'étiolait et que s'installait l'acédie ?
En pénétrant dans ces pièces et ces greniers, sans doute éprouve-t-on une sourde crainte, un trouble, un vague effroi. Ceux qui ont vécu à l'intérieur de ces murs y ont laissé quelque chose d'eux-mêmes. Le visiteur redoute de les éveiller, de les voir surgir, d'être traité en intrus et de devoir se retirer.
Les photographes aiment à observer, contempler, ingérer le monde, l'infinité des êtres et des choses. Activité permanente qui consiste à recevoir. À ressentir. À éprouver des émotions qu'il faudra savoir ensuite exprimer. Je gage qu'Olivier Mériel pourrait prendre à son compte ces mots de Goethe : « Je vois d'un œil qui sent. Je sens d'une main qui voit ». Les cinq sens sont mobilisés et doivent travailler de concert. Ce sont eux qui aviveront la réalité interne et nourriront la pensée. L'inanimé n'a pas moins à nous dire que l'animé. « Les objets m'ont peu à peu élevé à leur niveau » - mots que j'emprunte à Goethe pour la seconde fois. Quand on sait leur prêter attention, les objets ont beaucoup à nous raconter. C'est pourquoi Olivier Mériel s'est mis à l'écoute de leur silencieuse présence. À voix basse, ils nous parlent ici de délaissement, de ce qui les ronge et va les détruire, de cette mort qui nous attend.
Olivier Mériel ne cherche nullement à dramatiser la représentation de ces lieux d'où la vie s'est retirée. Il nous les montre avec un souci d'objectivité, de neutralité. Il m'apparaît certain qu'on peut lui appliquer mot à mot ce qu'Henry Miller écrivait d'un homme dont l'œuvre a sa place dans l'histoire de la photographie : « Brassaï possède ce don rare que tant d'artistes méprisent : une vision normale. Il n'éprouve nul besoin de déformer ou de distordre, nul besoin de mentir ou de prêcher [...]. Il voit le monde tel qu'il est et tel que peu d'hommes le voient.»
Il n'est pas contestable que nous ne portons qu'une attention distraite au monde extérieur. Le plus souvent, nous ne le voyons pas, soit parce qu'il nous est trop familier, soit parce que nous sommes trop encombrés de mots, de références, de comparaisons, de préoccupations diverses. Inversement, quand nous le regardons, c'est avec un regard embué par tout ce qui s'agite en nous. Ainsi nous ne le voyons qu'à travers de nombreux filtres déformants. Pour en avoir une vision non erronée, nous devrions au préalable, selon ce que suggère William Blake, nous astreindre à « nettoyer les portes de la perception ».
Désireux de parvenir à ce que dans le zen on appelle « la vue juste », Olivier Mériel a dû clarifier son regard, éliminer ce qui en viciait la vision. Maintenant, son miroir interne est à même de renvoyer des images exactes de ce qui lui fait face. De la sorte, il peut en avoir une perception directe.
Travailler à épurer son regard, c'était dans le même temps s'employer à atteindre la neutralité. Et se situer dans la neutralité, c'est avoir dépassé le moi, être affranchi de ses particularités, ne pas chercher, en créant, à apitoyer, à provoquer, à falsifier la réalité. En fait, accéder à la neutralité, c'est se forger un langage qui a toute chance d'être compris par le plus grand nombre.
Il convient toutefois de préciser que la neutralité n'implique pas un refus de la sensibilité. Il va de soi que celle-ci est constamment présente et agissante. Simplement, elle est tenue en bride, soumise à un rigoureux contrôle. Si elle ne participait pas à tout ce qui conduit au choix du sujet et à la réalisation de l'œuvre, les austères images que nous propose Olivier Mériel n'auraient pas un tel pouvoir d'émotion. La répartition des éléments qui les composent, le traitement de la lumière, le jeu des oppositions entre zones claires et zones d'ombre, l'effet créé, tout relève d'un grand art.
En déambulant à pas feutrés dans ces pièces, ces greniers, ces salles qui n'abritent plus que le silence, on songe à cette somme d'argent, de travail, d'effort, de savoir-faire, qu'a coûté leur construction, on perçoit ce qui déjà les ronge, et une lourde tristesse nous étreint. Ces murs de pierre vont-ils un jour s'écrouler ? Là où s'élèvent ces bâtisses, ne trouvera-t-on plus tard que des ruines ? Et ne restera-t-il qu'amas de pierres là où la vie s'était épanouie ?
En donnant à ces pièces et ces édifices une autre forme d'existence, Olivier Mériel leur confère une certaine pérennité. Il affirme ainsi que tout art vrai se dresse pour abolir le temps et nier la mort.
Perspectives Ferroviaires
Éditions Cahiers du Temps
Toscane
Éditions les Cahiers du Temps
Mont Saint Michel - Vastitudes
Éditions 5 Continents
Liaisons Maritimes
Éditions les Cahiers du Temps
Lumières Argentiques
Éditions les Cahiers du Temps
Histoire d'Orne - Vies d'un fleuve
Éditions les Cahiers du Temps
Les plages d'histoire
Éditions au Fil du Temps
Conques - Chemins de lumière
Éditions Territoires
Îles Anglo-Normandes — l'Île dans les Îles
Éditions FAGE
Mémoires d'Auchwitz
Labo des Histoires éditions
Les Gens de Vignes
Éditions Territoires
Villes & Ports en Calvados - Les Insoupçonnées
Éditions La Goélette du Goéland Préface - Danielle Molinari, ConservatricePréface
Ports en Calvados - Les Insoupçonnées
L'éclat de l'ombre
Olivier Mériel est un homme épris d’authenticité, solitaire et patient, peu enclin au bavardage. Son œuvre photographique lui ressemble. Loin de tout effet de mode, étranger au digital, à contre-courant de ce besoin d’immédiateté et de vues démultipliées qui nous submergent, Olivier Mériel travaille « à l’ancienne ». Comme par respect pour l’histoire même de la photographie, il reste fidèle à l’utilisation de chambres noires, au maniement pourtant peu commode et qui nécessitent un temps de pose long. Cela ne le gêne pas car il trouve là l’intérêt, primordial à ses yeux, d’obtenir sur une même image un plan rapproché et un plan lointain avec une égale netteté et, dit-il, comme le chevalet le permettait aux impressionnistes, d’aller à travers la lumière « au-delà des choses ».
Il en compare également la réponse esthétique à celles des compositions des peintres flamands où « le premier plan est comme saisi au grand angle alors que le fond semble avoir été pris au téléobjectif, ce qui est impossible ».
Le rendu artistique voilé d’ombre et la sensibilité de son travail ont suscité des comparaisons avec la photographie pictorialiste que les années allant de 1890 à 1914 voulaient voir entrer dans la catégorie beaux-arts, au même titre que la peinture ou la gravure sur bois. Mais la façon dont Mériel éprouve l’image, son cadrage et son traitement unique de la lumière comme élément fondateur de ses compositions, le font entrer de plains-pieds dans l’univers de la création contemporaine.
Maître de son œuvre dans chacune de ses phases, il réalise dans le huis clos de son laboratoire ses tirages en noir et blanc par contact, sur papier riche en argent, qui confère à sa palette les nuances moirées et les effets de contrastes qu’il recherche. Ce moment de travail solitaire est pour lui fondamental car il lui permet de magnifier la lumière. Dans la composition de ses nocturnes, le négatif est selon lui, une partition que le tirage interprète.
…cette noirceur d’où sort une lumière
Le travail d’Olivier Mériel, m’a été révélé à l’aube du XXI e siècle alors que dirigeant les maisons de Victor Hugo, je voulais qu’un photographe contemporain porte un regard sur Hauteville House, maison d’exil de Victor Hugo à Guernesey, de 1855 à 1870. Plus d’un siècle auparavant, l’écrivain, toujours précurseur, avait déjà demandé à Edmond Bacot, photographe normand lui aussi, de fixer sur le papier le surprenant décor qu’il avait entièrement imaginé pour sa demeure. Avant-gardiste s’il en est, Hugo initiait là un premier reportage d’architecture intérieure.
Découvrant des œuvres d’Olivier Mériel à la Galerie Michèle Chomette, je fus frappée par la connivence inconsciente qui régnait entre les deux hommes sur leur perception du temps, de la lumière et de ce spectacle toujours renouvelé de la mer.
Il s’agissait d’une certaine façon, cette fois, de faire le portrait de l’absent à travers le fabuleux décor, ancré dans le Moyen-Age et l’Extrême-Orient, qu’il avait conçu au début des années 1860.
Pour adoucir l’isolement de son exil, il avait voulu la demeure à son image, en totale symbiose avec son œuvre graphique et littéraire. Il l’avait symboliquement drapée de pénombre, comme pour mieux célébrer les rayons du soleil inondant les grands salons et son look-out où il écrivait, Les Travailleurs de la mer !
Face à une création architecturale minutieusement écrite par l’écrivain, Meriel composa sa propre partition. Un nouveau dialogue esthétique et sensible naissait à plus d’un siècle d’écart.
Alternant l’évidence de l’absence avec la sensation diffuse d’une présence, et explorant toute la gamme des rayons et des ombres, il réinsuffla la vie au lieu et comme par magie, la trace laissée par l’absent redevint perceptible.
Nox, mors, lux
Ce talent propre à l’artiste d’évoquer le passé, de parler de l’absence et d’éloigner ainsi l’oubli, sous-tendit la commande qui l’amena à Birkenau, à l’occasion de la récente commémoration des 80 ans de la libération du camp de concentration d’Auschwitz. Rappelons que l’institut international des Droits de l’homme et de la Paix, avait salué le profil humaniste du photographe, en présentant en 2017, en Normandie, les prises de vues faites, entre 2014 et 2016, lors d’un long périple en Cisjordanie et en Israël (Jérusalem, Hebron, Bethleem, Jericho). Aujourd’hui, après le travail conduit sur le camp, ces photographies montrant un peu de la vie quotidienne dans ces territoires livrent comme un message d’espoir.
Le photographe savait devoir affronter à Auschwitz une expérience particulièrement forte, nourrie d’émotion. Il prit le temps de la préparer lors de deux séjours, en 2024. Absorbant l’atmosphère de lieux aujourd’hui vidés et silencieux, il réfléchit au message que son témoignage pourrait encore, aujourd’hui, apporter. L’histoire l’avait précédé, d’innombrables récits, témoignages et reportages, avaient mis en lumière l’une des pages les plus sombres de l’humanité. Il opta pour un écho sobre et pudique, mais essentiel, « faire savoir, pour qu'on n'oublie jamais".
Il ne voulait rien de glauque, de morbide ou de voyeuriste. Il choisit de travailler sur le symbole, sur l’allégorie en suivant son propre cheminement.
Ciels tourmentés, nuages noirs et menaçants, lumière vacillante des sombres journées d’hiver, arbres effeuillés, telle fut la toile de fond qu’il choisit pour servir son message. Le photographe s’attarda sur les trois zones du camp, celles lourdes d’une mémoire à jamais gravée dans les têtes et les cœurs. Depuis l'arrivée par le rail, aux forêts de bouleaux derrière lesquels se cachent les miradors, aux lieux réservés au travail ou aux chambres à gaz, et cette fois, l’absence de personnages ou du moindre signe de vie ravivant le souvenir du génocide, résonne comme un glas. Quand l’Abbaye aux Dames à Caen, présenta cet ensemble de 31 photos, en mars 2025, il lui fut donné pour titre « Mémoires d’Auschwitz, au-delà de l’abîme ».
J’habite cet immense rêve de l’océan…
Aujourd’hui, à la Villa-musée Montebello, il n’est nullement question d’évoquer de grands absents ou les heures graves de l’histoire de l’humanité, mais à travers les villes portuaires du Calvados de dire un peu de l’environnement quotidien de ce normand d’origine dont le regard a toujours été abreuvé par la contemplation de rivages à la beauté changeante imperturbablement rythmée par le flux et le reflux des marées, et par le miroitement de la lumière sur l’eau.
Réalisées entre 2024 et 2025, les 45 vues sélectionnées n’ont pour la plupart jamais été présentées. Elles composent un ensemble quasiment exhaustif de la série que l’artiste a consacrée à ce thème dans une itinérance passant par huit villes portuaires emblématiques du Calvados, d’Isigny-sur-mer à Honfleur.
Le travail de Mériel a souvent fait l’objet d’expositions en Normandie notamment au Havre, à Caen, à Trouville et à Giverny, passage presqu’obligé, pour l’intérêt commun au photographe et aux peintres impressionnistes, pour la transfiguration qu’opère la lumière sur un sujet.
Nombre de visiteurs reconnaîtront ainsi, dès l’abord, l’atmosphère unique dont le travail de Mériel est empreint.
A la faible lueur d’une lumière des nuits de pleine lune, d’où jaillissent de saisissants effets de clairs obscurs, les ports et les paysages marins du Calvados deviennent un peu fantomatiques. Les plages, alors désertées, (Paysage à la plage vide, Trouville), retrouvent leur calme, leur sérénité et leur grandeur, et le panorama s’impose au regard dans toute sa splendeur.
Sur le rivage, à marée basse, la lumière scintille sur le sable mouillé, dont les ridules gardent la trace du reflux et rappellent le temps qui passe…Plus loin, roches et galets se drapent d’un blanc éclatant qui leur confère quelque chose de surnaturel, (Les galets blancs). « Il s’agit d’éliminer le psychologique en moi pour faire venir le spirituel, pour être en relation avec le divin, avec l’étrange… ».
Au port, tels de grands cétacés échoués, les chalutiers sont amarrés ou au carénage, tout désir d’évasion empêché…. (Chalutier silencieux, Honfleur). Parfois, un ferry blanc à quai s’interroge, (D’où je viens ? et Où je vais, Ouistreham). Des barques de pêcheurs s’alanguissent sur la grève, (Le doris blanc, Isigny), sur un quai, au retour de la pêche, des caisses de poissons et de crustacés sont autant d’appels pour les mouettes affamées, (Le festin. Courseulles). Marchés et étals de poissonniers, digues, pontons et bords de mer, ou encore à Grandcamp, Galets blancs, et Petit chemin descendant à la mer (Les algues vertes), complètent la toile de fond.
Ici un phare, (La Porte de l’éveil), là une croix, dans la petite Eglise de Port en Bessin la peinture d’un chemin de croix à côté d’un mémorial pour un chalutier disparu, rappellent le risque toujours présent dans la vie des marins, leurs prières et leur foi.
Mériel perçoit son travail comme un miroir de moments de vie arrêtés, ou empêchés laissant notre imagination écrire la suite de l’histoire, ou la rêver.
S’il ne travaille qu’à la lumière naturelle sans aucun ajout de lumière artificielle, l’artiste sait obtenir de saisissants effets de nuit avec les éclairages urbains. On en trouve dans cet ensemble quelques exemples. Les images saturées de lumière froide et blanche à Courseulles d’un manège délaissé la nuit, ou d’un restaurant aux portes closes, ou encore de ferries ou de chalutiers à quai sous le halo aveuglant de projecteurs urbains, nous donnent un peu l’impression de rester à l’extérieur, de faire face à un décor dans lequel on ne peut pénétrer.
A la différence de la lumière chaude et enveloppante que recherche toujours et obtient naturellement l’artiste, et qui « porte le regard au-delà des choses », la lumière artificielle, blanche et glacée, crée une sorte de barrière infranchissable par le regard du spectateur.
Ainsi nous peut-on parfois penser devant les œuvres d’Olivier Mériel que nous arrivons à la tombée du rideau quand la scène est finie, quand les acteurs sont repartis et que seul reste le décor qu’un projecteur éclaire encore. Cependant, comme à Hauteville House et aussi à Birkenau, le spectateur éprouve la sensation d’une présence, comme si un invisible récitant hantait l’espace et prolongeait un moment à peine achevé entremêlant ainsi le passé et le présent. « … Un mystère est là, on ne sait pas si on est dans le réel ou l’irréel, on peut glisser dans l’un comme dans l’autre. La force de l’art est là... C’est là qu’est mon enjeu. »
Danielle Molinari
Conservatrice générale honoraire du patrimoine,
Septembre, 2025.